Jaunes, verts, bleus, bigarrés les spis  sont sortis!

Samedi après-midi, une mer plate et un léger vent de secteur Sud  sous un beau soleil d’automne ont fait sortir ETOILE VERTE, ALIOS, OPENFIELD, REGULUS, BIG or NO, MODERATO et AXIS pour une sortie d’entrainement.

Du plus petit au plus grand, ils ont sorti leurs spis, gennaker et code 0. Symétrique ou asymétrique, peu importe la coupe, les couleurs étaient là pour colorer le plan d’eau, destination la bouée de Merville…pour ceux qui ont pu attraper la bonne risée! La bataille fut rude et épique pour faire avancer les coques dans le peu d’air qu’Eole avait bien voulu fournir aux organisateurs.

Le petit temps a toujours des effets particuliers.

Tous les skippers trouvent leur bateau trop lourd et se promettent de l’allèger de retour au port où se pose l’épineuse question : quoi enlever ? Devant la complexité de la tache et la perplexité de leur entourage, ils y renoncent…jusque’à la prochaine pétole.

Autre effet caractéristique, l’activité intense et frénétique sur les réglages où le moindre centimètre d’écoute est jaugé, évalué, modifié toutes les dix secondes, réglage remis en question dans la minute qui suit et tout le cérémonial recommence sans plus d’efficacité. On voit ainsi des caractères plutôt placides se transformer en boule d’énergie et déployer une hyperactivité assez déconcertante pour qui n’en a pas été prévenu. C’est tellement déconcertant que le bateau en est souvent sidéré et n’avance pas plus vite, voire s’arrête brutalement comme un cheval refusant l’obstacle. C’est à ce moment-là que les arguments incantatoires suprêmes sont utilisés, le vent est instable, le vent tourne, le vent change ! (Le choix est vaste) Avec mauvaise foi certains osent même évoquer à ce moment-là un carénage lointain qui obérerait leurs performances.

Le petit temps provoque aussi des crises de réflexion intense dans les cerveaux enfiévrés des skippers. Après avoir révisé mentalement ses réglages et conclu indubitablement qu’il faut améliorer son équipement, il consulte son équipage. En général celui-ci est atterré de le voir aussi peu lucide  de la réalité : sans vent un voilier a du mal à avancer, il faut se rendre à l’évidence ! 

C’est comme ça que des bouts supplémentaires, comme les barbers-haulers font irruption subrepticement dans les cockpits et viennent rajouter un réglage supplémentaire, donc un paramètre de plus à prendre en compte et donc une autre bonne raison pour s’activer sans plus d’efficacité. Enchainement infernal et addictif de causes et conséquences !

Pour revenir à notre sortie (et au port) le retour sur la DI a quand même du se faire à certains moments avec l’aide de Monsieur Diesel qui a réglé provisoirement, mais nettement et sans ambiguïté,  les conflits sur les réglages de voile.

Certains ont cru que le pot qui s’est déroulé dans la Salle des Régates dans la foulée aurait fait diversion. Il se sont lourdement trompés, car les discussions sont revenues sur le vent, les voiles et les réglages. Ils sont incorrigibles !